Aller au contenu
INICIDepuis 2019

Repérage · 29 avril 2026 · 7 min

En route avec nous pour notre dernier repérage

Quatre jours, trois pays, une camionnette. Ce que nous cherchons et ce que nous laissons derrière nous.
Des échantillons de pierre sur un banc en bois

Le repérage, c'est surtout de la route. La version romantique nous montre découvrant une lampe oubliée dans le grenier d'une ferme. La version réelle nous place sur l'autoroute avant l'aube, avec une liste d'adresses, un mètre ruban et une idée très claire de ce que nous n'allons pas acheter.

Ce dernier point compte plus qu'il n'y paraît. Les pièces qui font une collection se décident autant par ce que l'on refuse que par ce que l'on accepte. À chaque voyage, nous voyons des meubles anciens, bien faits et proposés à un prix raisonnable, et nous les laissons où ils sont parce qu'ils n'ont pas de point de vue.

Premier jour : la Belgique

Nous commençons près de chez nous. Les intérieurs belges des années soixante et soixante-dix ont produit un mobilier plus lourd, plus sculptural que le courant scandinave dominant, et une grande partie se trouve encore dans les maisons pour lesquelles il a été acheté. Un meuble aux façades de métal patiné nous a retenus une heure. Son propriétaire en avait hérité et ne l'aimait pas. Nous, si.

Deuxième et troisième jours : l'Italie

La longue route vers le sud est celle où la liste est mise à l'épreuve. Les marchands italiens savent exactement ce qu'ils ont, si bien que le travail consiste à regarder plus attentivement que l'étiquette. Une table en travertin au bord fêlé valait mieux qu'une table parfaite deux salles plus loin, parce que ses proportions étaient justes et que sa pierre n'était pas rebouchée. Nous avons acheté la table fêlée.

Nous photographions tout dans la lumière où nous l'avons trouvé. Ces images n'arrivent jamais sur le site, mais elles nous disent plus tard si nous avons été séduits par un intérieur plutôt que par un objet.

Nous avions été séduits par un intérieur, pas par un objet. Les photos nous le disent.

Quatrième jour : le retour

La camionnette n'est jamais pleine. C'est une règle que nous nous sommes fixée tôt et à laquelle nous nous tenons. Rentrer avec de la place est le signe que nous avons dit non assez souvent, et dire non est la seule façon pour une petite collection de rester une collection plutôt qu'un entrepôt.